01.04.2009
Martin L. Gore – Lays
Martin L. Gore – Lays traductions de Jugurtha Harchaoui
Lays : De l’anglais, court poème lyrique récité ou chanté par un ménestrel.
Le livre Lays regroupe 87 textes écrits par Martin Gore pour Depeche Mode et qui sont, pour l’essentiel, traduits en français par Jugurtha Harchaoui. Cette initiative réjouissante semble assez anachronique en 2009, époque où l’on trouve un peu tout et souvent n’importe quoi sur le web. Ce livre de traduction intéressant a également le mérite de nous remémorer une époque pas si lointaine que cela où l’on écoutait son disque seul dans son coin, booklet dans la main gauche et dictionnaire dans la main droite en essayant maladroitement de déchiffrer un hypothétique message.
Lays permet au passage de tuer certaines interprétations : les fans de Depeche Mode qui voulaient absolument voir en Black Celebration une messe noire en seront pour leurs frais. On regrettera simplement que dans une minorité de cas (Insight, Home, Only When I lose Myself, Dream On, Sister of Night, Surrender), la version française soit carrément passée à l’as. Ces traductions sont en effet remplacées par des illustrations pas vraiment indispensables de l’oncle Martin (© Gérard Bar-David qui signe la préface du livre) dessinées par Klaus Voorman.
Un parolier génial ?
Pour le reste, le livre pose également indirectement la question du talent de Martin Gore : abusivement surnommé « un des songwriters les plus doués de sa génération » par son fan-club à longueur de discussions, son talent d’écrivain n’apparaît vraiment que sur certains textes voire certaines lignes bien précises. On se souvient d’Alan Wilder qui soulignait le génie des paroles de Never Let Me Down Again. Car écrire des textes n’a jamais été le job à plein temps de Gore. Il n’était que le second de Clarke et a dû prendre son relais à la surprise générale. Et il n’a pas été seulement bombardé parolier en chef, il lui a également fallu composer des mélodies qui tenaient la route et participer activement au processus d’enregistrement. C’est sans doute une des différences flagrantes entre les vrais paroliers géniaux comme Morrissey, qui pouvait se délester sur Marr pour se concentrer sur les paroles fracassantes des Smiths. Cela n’enlève rien à Martin Gore qui a su s’en sortir très dignement au fil des années, cela démontre simplement que Depeche Mode est bien l’assemblage d’une somme d’individus et que la solution était collective.
Lays – 23 euros – 194 pages - Sortie avril 2009
Textes de Martin L. Gore, traduits par Jugurtha Harchaoui
www.lays-livre.com
Editions Normand
article extrait du site: http://www.frenchviolation.com/dm/index.php/ que je vous recommande vivement.
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20.03.2009
Madame rêve...
"J'ai dans le bottes des montagnes de questions, où subsiste encore ton écho..."
La nuit je mens
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27.02.2009
Swift everywhere...
Parfois, certaines rencontres sont de l’ordre du merveilleux, et donnent lieu à des moments de grâce qui laissent penser que, peut-être, si l’on sait reconnaître les délices de la vie, elle nous laisse les saisir… Hier soir j’ai vécu un de ces moments hors du temps, parenthèse enchantée dans une journée particulièrement laborieuse. Deux colloques internationaux à préparer, la grippe, une vilaine fièvre, l’horloge qui me rappelle que je suis très en retard, le tout ponctué des ronflements de mon chien. Dantesque…
Une amie m’interpelle vers 20h00 sur un chat au sujet de mon prochain périple à New York. Nous parlons alors de notre goût commun pour Woody Allen, échangeons à bâtons rompus au sujet de nos films préférés, nous remémorant des scènes précises, insistant sur ce qu’ils ont changé dans nos vies respectives, ce en quoi ils nous ont transformées, ce en quoi ils nous rassurent… Nous les avions tous vus. En parlant d’eux avec gourmandise, c’est de nous dont nous parlions en creux. Et nous avions manifestement des envies d’encore…
J’ai alors fait part à cette amie d’un de mes rituels de voyage. Où que j’aille, j’emmène avec moi un livre, unique, choisi méticuleusement, sacralisé, qui rythmera les temps morts qui ne le seront donc jamais. Je ne choisis pas n’importe comment. Lors de mon premier colloque aux Etats-Unis, j’étais tellement sidérée d’être retenue pour donner une conférence que j’ai emmené avec moi Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll. Je me sentais comme Alice tombée dans le terrier du lapin blanc, et appréciais le vertige… Au Canada, il y a quelques mois, j’ai voyagé avec Echenoz, Je m’en vais. Et j’ai offert mon exemplaire à la confrère, devenue amie, qui m’a raccompagnée à l’aéroport de Toronto, et que j’ai eu de mal à quitter. Précisément, je m’en allais, et ce livre lui revenait.
Dans quelques jours, mes pérégrinations universitaires me reconduisent à Montréal et Providence, afin d’y travailler, et mon luxe ordinaire m’emmène une petite semaine à New York, que je n’ai fait qu’effleurer l’an dernier. Je me suis donc mise en quête d’un compagnon de papier, qui serait le témoin du froid du sommet de l’Empire State Building, des mes trajets sur la Greyhound, se reposerait avec moi au restaurant du MoMA et souffrirait les traces de muffins improbables à Soho. C’est alors que mon amie me cite Swift « Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on le peut reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui ». Le glas avait sonné, ce serait La conjuration des imbéciles, de John Kennedy Toole, auteur suicidé en 1969, à l’âge de 32 ans parce qu’il se croyait écrivain raté. Son roman, publié par sa mère en 1980, s’est vu couronné par le prix Pulitzer.
Ce matin, j’envoie une invitation à l’une de mes conférences à une connaissance de longue date, qui me demande à la suite de cet envoi de retirer son adresse de ma mailing list. J’obtempère et me risque à lui demander en quoi une invitation courtoise à une conférence d’art contemporain a pu l’agresser à ce point. Un rien cynique (Je suis une fausse gentille), je m’excuse au passage de n’avoir pas eu l’intelligence de déduire que l’art, ainsi que tout ce qui ne génère pas d’argent, était pour lui fatalement dénué d’intérêt. « Exact, rétorque-t-il, il faut de tout pour faire un monde, des gens qui produisent de la richesse pour pouvoir partager et payer les innombrables acquis sociaux et d’autres qui sont payés à penser. » Le plus drôle, dans l’histoire, si l’on goûte l’humour noir, est le constat suivant : la personne avec laquelle je parle de Spencer Tracy, de Woody Allen, qui cite Swift et me donne des conseils de lecture, exerce sensiblement la même profession que l’individu qui, si je lui en avais laissé l’occasion, m’aurait fait une démonstration très pragmatique de l’inutilité de la culture dans notre société. Il y en a un des deux qui est mieux dans sa peau que l’autre, je vous laisse deviner lequel…
Images: Number 5 et Number 1, Jakson Pollock
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23.12.2008
Meilleurs Voeux!

Brouillonsdeculture vous laisse au profit de ses falaises bretonnes pendant quelques jours. Passez de bonnes fêtes!
09:13 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
19.11.2008
Tribute to Frank Lloyd Wright
Aujourd’hui, j’ai peiné à mettre la dernière main à une conférence sur Frank Lloyd Wright. Même quand on aime ce que l’on fait, certains jours il est indéniable que l’on tire au flanc. Pour autant, je dois admettre que quel que soit mon état d’esprit quand je travaille, j’y trouve toujours du plaisir et une certaine forme de salut et de consolation. Aujourd’hui notamment. En faisant mes recherches sur Wright, je suis tombée sur quelques phrases issues de son autobiographie. En 1894, il refuse une proposition d'aller étudier l'architecture classique pour quatre années tous frais payés par l'architecte Burnham à l'École des Beaux-Arts de Paris plus deux années à Rome. Il y répond: « J'aime mieux être libre et rater mon coup, et être sot, que d'être lié à quelques succès de routine. Je n'y vois pas de liberté... voilà tout. » (Autobiographie 1932)
Considérant sa vision fulgurante de l’architecture, sa carrière, sa postérité et tout ce qui fait que cet homme fait partie de ceux qui ont compté et dont on se souvient, on peut se demander parfois si se faire traiter de sot pour être direct et sans concession n’est pas tout simplement de bon augure…
A mes étudiants architectes, et à ceux qui se reconnaîtront…
Photo: Musée Guggenheim, New York
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16.11.2008
Marcel me harcèle...
Vous je ne sais pas, mais moi, j’aime bien le jeudi… Le jeudi est pour moi un jour de félicité. J’exagère à peine…
Je m’explique.
Pendant un temps, j’ai souscrit à ce mode de vie très tendance qui consistait à être très occupé par principe (ou, lorsque cela n’était pas le cas, se dire très occupé). On se croisait, entre connaissances, (pas entre amis, mes amis ayant un sens aigu de la volupté et de l’oisiveté contemplative…), et on rivalisait de stress, de fatigue et de « désolé j’ai pas le temps », comme si la valeur des gens se mesurait à l’aune des créneaux noircis de leur agenda (la plupart du temps, électroniques, parce que « tu comprends, sur le papier, tout ce que j’ai à faire ne rentre pas… »). Il devenait presque indécent de se cultiver, d’aller au cinéma, au resto entre amis, ou même de sortir son chien. Si vous répondiez à la question : « Tu as fait quoi dimanche ? » par « J’ai été voir l’expo machin puis faire un resto à côté du musée avec les copains », vous vous voyiez répondre « Tu as de la chance, moi, avec le boulot que j’ai… » ou mieux encore « T’as du temps à perdre. » ou « On ne se refuse rien ». Je ne vous parle même pas des fois où vous aviez l’audace d’avouer que vous aviez glandé sur le canapé avec votre mec et votre chien, à vous repasser l’intégrale des Six feet under… Ah, vous ne l’avez jamais avoué publiquement ? Je peux comprendre…
J’ai donc pendant un temps fait partie de ces gens qui en rajoutaient. Parce que la vérité, c’est que je suis vraiment très occupée. Que j’écris une thèse tout en bossant à plein temps, et en multipliant conférences et articles. Mais concrètement, être très occupé n’est pas une valeur en soi. Cela ne fait pas de moi quelqu’un de meilleur, ni de plus intelligent. Au contraire. La fuite en avant coupe de l’autre, du monde dans lequel on vit. L’absence de plaisir flétrirait n’importe qui, et moi la première. En outre, je n’ai jamais voulu renoncer à un théâtre, un ballet, un ciné, un apéro, un roman, pour travailler mon image de fausse fourmi industrieuse. Bien sur, si je n’avais pas été voir Andromaque au théâtre, j’aurais bouclé mon article pour la conférence de Kingston plus rapidement, et je n’aurais pas eu à relire mon texte dans l’avion. Et si je n’avais pas tenu à cuisiner un magret de canard dimanche soir, je n’aurais pas eu à mettre mon réveil à 5 heures le lendemain pour bosser. Si je n’avais pas été voir ma filleule de cinq ans, je n’aurais pas eu trente cinq mails de mon rédacteur en chef en souffrance à traiter le soir pour le lendemain. Oui mais Racine, tout de même… et le fondant du magret rosé sur mes papilles, et les petites mains de Clémence sur mon visage quand je lui raconte l’histoire de Oscar le Cafard (très bonne collection de livres pour enfants) ?
On naît, on meurt, ce sont mes deux seules certitudes. Le jour où j’ai compris ça, j’ai arrêté de culpabiliser quant au fait de prendre au temps de travail du temps de plaisir. J’ai compris aussi que « J’ai pas le temps » était la plupart du temps une vilaine excuse fourre-tout quand on n’assume pas le fait de ne pas se cultiver, ne pas voir sa famille, ne pas répondre aux mails ou de répondre au téléphone de manière désagréable. « Tu as vu tel film au ciné ? » l’autre, me prenant de haut « Moi tu sais, avec tout le boulot que j’ai, j’ai pas le temps ! » A utiliser en toutes circonstances. Peut tout justifier ou presque. Sauf que ça ne justifie rien. Mais ça, c’est un autre débat…
Alors aujourd’hui, moi, j’assume. Je n’ai rien à prouver à personne concernant le travail que j’abats, et je prends le temps. De vivre. Surtout.
J’en reviens donc au jeudi. Le jeudi, je m’octroie deux cours de danse classique avec des profs différentes : l’une, de midi à 2heures, est très artistique, l’autre, de 19h à 21h, est plus technique. Ma journée est rythmée par des pointes et des entrechats, de la sueur et des douleurs aux tendons, et un pique-nique de 14 à 14h30 avant de me remettre à mon travail. Travail qui se trouve être plus efficace le jeudi que les autres jours. Le matin, je carbure pour partir danser à midi, l’après-midi, je bosse dans l’excitation car je me réjouis d’y retourner le soir. Les courbatures et la fatigue ? A ce rythme, je ne sais même plus ce que cela veut dire…
Jeudi dernier, j’ai pique-niqué devant la télé, après le premier cours. Une demi-heure de lobotomisation à l’usage des honnête gens. Les chaînes câblées la plupart du temps. Et en zappant, je suis « tombée » sur la dernière émission de Delarue sponsorisée par Kleenex. A l’image des grandes heures des émissions poubelles de RTL9, j’entends Delarue qui déclame, pour conclure son sujet racoleur (du genre « ma mère est unijambiste et borgne, est-ce difficile à vivre ? »), une citation de Proust qui tombait à point nommé dans ma journée, et peut-être aussi dans ma vie.
« Certains souvenirs sont comme des amis communs, ils savent faire des réconciliation »
Entre ma danse, ma thèse, mon pique-nique et ma toute nouvelle philosophie de vie épicurienne, Marcel (Proust…) venait une fois encore de me clouer le bec.
Peut-être suis-je moi aussi à la recherche du temps perdu, à défaut de n’être plus une jeune fille en fleur…
La semaine prochaine, je vous raconterai ce qui peut se passer dans votre tête quand un bac+4 en droit, qui gagne quatre fois votre salaire, vous demande à quoi peut bien vous servir votre bac+8 en histoire de l’art…
Photo: Niagara Falls, la chute américaine, octobre 08
19:38 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
06.06.2008
En passant...
Sur toi
Petite ritournelle inspirée par le commentaire d'Anonymous, qui m'encourageait à écrire sur la Bretagne. Réponse quant à mon impossibilité à le faire...
Paroles et Musique: Zazie 2001 "La Zizanie"
J'écris sur ce que j'endure
Les petites morts, sur les blessure
J'écris ma peur
Mon manque d'amour
J'écris du cour
Mais c'est toujours
Sur ce que je n'ai pas pu dire
Pas pu vivre, pas su retenir
J'écris en vers
Et contre tous
C'est toujours l'enfer
Qui me pousse
A jeter l'encre sur le papier
La faute sur ceux qui m'ont laissée
Ecrire, c'est toujours reculer
L'instant où tout s'est écroulé
On n'écrit pas
Sur ce qu'on aime
Sur ce qui ne pose pas
Problème
Voilà pourquoi
Je n'écris pas
Sur toi
Rassure-toi
J'écris sur ce qui me blesse
La liste des forces qu'il me reste
Mes kilomètres de vis manquée
De mal en prose, de vers brisés
J'écris comme on miaule sous la lune
Dans la nuit, je trempe ma plume
J'écris l'abcès
J'écris l'absent
J'écris la pluie
Pas le beau temps
J'écris ce qui ne se dit pas
Sur les murs, j'écris sur les toits
Ecrire, c'est toujours revenir
A ceux qui nous ont fait partir
On n'écrit pas qu'on manque de rien
Qu'on est heureux, que tout va bien
Voilà pourquoi
Je n'écris pas
Sur toi
Rassure-toi
J'écris quand j'ai mal aux autres
Quand ma peine ressemble à la votre
Quand le monde me fait le gros dos
Je lui fais porter le chapeau
J'écris le blues indélébile
Ça me paraît moins difficile
De dire à tous plutôt qu'à un
Et d'avoir le mot de la fin
Il faut qu'elle soit partie déjà
Pour écrire " ne me quitte pas "
Qu'ils ne vivent plus sous le même toit
Pour qu'il vienne lui dire qu'il s'en va
On n'écrit pas la chance qu'on a
Pas de chanson d'amour quand on en a
Voilà pourquoi, mon amour
Je n'écris rien
Sur toi
Rassure-toi
13:40 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
humeur du jour
J'aime particulièrement les jours de pluie. Déjà parce que je n'aime pas le soleil. Ensuite, parce qu'ils autorisent tous les états d'âme flirtant avec la morosité, et que la morosité, ça me va bien au teint. Ce soir, pour des raisons mondaines, j'userai du Chanel et distribuerai des sourires, mais en attendant, mon chien dort sur le panier de linge à repasser (c'est une nouveauté. Ce chien a trouvé la solution au problème des couples qui s'enferrent dans le quotidien, tous les jours il innove avec naturel et ingénuité...), et je le regarde en me disant que si je fais le rapport travail/pause, je ne suis pas très productive. J'apprends en ce moment qu'il ne suffit pas d'être assise à un bureau avec un écran devant soi pour travailler. Dans mon cas précis, il faut aussi aimer ce que j'ai à faire. Et aujourd'hui, il y a une des deux conditions qui n'est pas au rendez-vous.
J'ai aussi décidé que le mois de Juin serait breton ou ne serait pas. Aussi, dédicaces, citations, tout sera breton ou émanant d'un auteur qui y aurait comme moi laissé une partie de lui-même. Vous pouvez contribuer...
Aujourd'hui encore, une chanson de Daho, je suis phasique, et en ce moment, depuis que je l'ai vu sur scène, devant moi les bras ouverts, la cinquantaine libérée des démons qui le rongeaient, je suis encore plus convaincue par son travail. J'ai raté ma vie de pop star. C'est une découverte récente, il faut désormais que je fasse le deuil...
Un merveilleux été (Etienne Daho_L'invitation)
Rien ne semble pouvoir venir troubler
Ce merveilleux été
La maison est grande ouverte et aérée
J’ai réparé
La toiture et repeint les murs
J’ai pansé mes blessures
Et refait ma vie
Ici
Il flotte un si merveilleux parfum sucré
De fleurs éclatées
Comme un je ne sais quoi de sacré
Dans le ciel, l’été
L’azur est aveuglant
Et pur
Comme une éclaboussure
Dans ce cadre idéal
Et toi
Toi
Tu veux savoir pourquoi aujourd’hui je ne t’aime plus
Pourquoi depuis un moment on ne se capte plus
Et tu pleures en secret
Toutes les larmes de ton corps
Comme si j’étais mort
Il règne une si oppressante chaleur
Comme une torpeur
Alors que montent les larmes de ton corps
Fais comme si j’étais mort
10:40 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
04.06.2008
Humeur du jour
Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve
Paroles et Musique: Serge Gainsbourg 1983
© Melody Nelson Publishing
Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve
que le ciel azuré ne vire au mauve
penser ou passer à autre chose
vaudrait mieux
fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve
se dire qu'il y a over the rainbow
toujours plus haut le soleil above
radieux
croire aux cieux croire aux dieux
même quand tout nous semble odieux
que notre cœur est mis à sang et à feu
fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve
comme une petite souris dans un coin d'alcôve
apercevoir le bout de sa queue rose
ses yeux fiévreux
fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve
se dire qu'il y a over the rainbow
toujours plus haut le soleil above
radieux
croire aux cieux croire aux dieux
même quand tout nous semble odieux
que notre cœur est mis à sang et à feu
fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve
avoir parfois envie de crier sauve
qui peut savoir jusqu'au fond des choses
est malheureux
fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve
se dire qu'il y a over the rainbow
toujours plus haut le soleil above
radieux
croire aux cieux croire aux dieux
même quand tout nous semble odieux
que notre cœur est mis à sang et à feu
fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve
dis-moi que tu m'aimes encore si tu l'oses
j'aimerais que tu te trouves autre chose
de mieux
fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve
se dire qu'il y a over the rainbow
toujours plus haut le soleil above
radieux
14:35 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
01.06.2008
scène de crime
Mon appartement est un Cluédo géant. Chaque pièce est truffée d’indices qui amènent à déduire, lorsqu’on les fait correspondre, le sujet du papier que je suis en train de rédiger. Comme je fais régulièrement plusieurs choses en même temps, sur des ordis différents, et ne range pas forcément les reliques des travaux précédents, la difficulté augmente pour le joueur...
Je tiens particulièrement à cette photo. C’est le début d’une belle histoire, et en même temps une vue assez nette des entrailles de mon travail. Je prends une quantité effrayante de bouquins en note sur des bristols avec un stylo plume pilote dernière génération (je suis d’un fétichisme, c’est terrifiant), les macule de stabilo de toutes les couleurs pour échafauder un plan (une couleur, une partie), puis passe à la rédaction sur mon Mac, prénommé Gollum tant l’outil informatique m’inspire peu de sentiments autres que de la révulsion. Il y a bien sur un mug de lait chaud qui traîne (les nuits sont courtes), et qui tient lieu -quand je suis sage- de substitut à un petit vin blanc sucré (pour écrire certaines choses, faut bien ça…).
Là, j’ai envahi la table de salle à manger, où bien sûr, personne ne s’avisera de déranger mon bordel organisé avant la fin de mon travail (ça peut durer plusieurs semaines…). Evidemment, j’ai un bureau à moi « Une chambre à soi » comme le réclamait Virginia Woolf, avec tout ce qu’il me faut, une grande table, un canapé Warhol, des photos de Bretagne et un poster de Depeche Mode accroché au mur, mais ma tendance poulpe m’amène à exploiter chaque endroit de mes 100m2 d’appartement, ce qui a parfois pour conséquence de manger à côté de la critique de la raison pure, de « retrouver » un Racine « égaré » près du four ou de dormir avec le dernier Modiano sur l’oreiller d’à-côté. Même le chien se couche désormais sur mes volumes de Palladio.
Le chien a du goût. Déjà, il m‘a choisie pour maîtresse (ceux qui s’imaginent que ce sont les maîtres qui choisissent les chiens ont encore de longues années de cours d’éthologie devant eux…), et quand il se résout à l’inconfort de mon désordre, il choisit Palladio. J’ai beaucoup de chance.
Tout ça pour en venir au fait. Cette photo, comme je le disais plus haut, est le début d’une belle histoire, qui m’a amenée dans le Rhodes Island puis à New York, par le fruit de mon travail et la reconnaissance de mes pairs. Je devais produire une communication sur l’architecture du boudoir dans la littérature française érotique du XVIIIième siècle. Tout un programme, bien plus fastidieux que frivole je vous assure. Communication qui sera en ligne dès qu’elle sera publiée par la Brown University, la propriété intellectuelle ne me donne pas tous les droits. Je me fendrai d’un album photo quand j’aurai le temps, si ce jour arrive…
Au-delà de tout ce qu’intellectuellement j’ai pu apprendre, de tout ce dont j’ai pu être touchée moralement, je crois la leçon que j’avais à tirer de cette expérience se voulait psychique de prime abord. Considérée comme dotée de valeur par des professeurs de Brown, de Yale ou d’ailleurs, appréciée pour des qualités humaines et intellectuelles que je ne me connaissais pas, j’ai redressé les omoplates et j’ai réalisé que j’étais quelqu’un de bien vivant, non pas un être en souffrance, une petite âme damnée, une « pauvre intellectuelle qui gratte », et que mon erreur avait toujours été d’accorder plus de crédit aux reproches infondés ou nés de la frustration des autres qu’aux critiques constructives et aux compliments mérités. Entend toute ta vie que tu ne seras rien, et effectivement, c’est ce que tu risques de devenir. Ca n’et pas évident de décider d’être au monde. Et dire que depuis des années j’enseigne à mes élèves la difficulté qu’ont les peuples asservis avec la liberté, la possibilité de s’affranchir de l’endogamie, et la négligeable valeur du déterminisme face à la volonté… J’aurais dû suivre mes cours, c’est évident. Aujourd’hui, après cette prise de conscience, je tâtonne pour trouver ma place dans le monde, mais ne m’interdis rien et ne baisse les yeux devant personne. Les effets sont positifs. Et douloureux. J’apprends à marcher, mais je me tiens bien droite et ne m’excuse pas d’être qui je suis. Parce que toute la difficulté est là : devenir quelqu’un et non quelque chose.
Voilà où je voulais en venir. Je suis ces temps-ci à un carrefour de ma vie, et ceci sur tous les plans. Les intimes voient de quoi je veux parler. Evidemment, je suis terrifiée, et la peur tuant l’esprit, j’ai du mal à abattre la quantité de travail qui me revient pour avancer. Je n’arrive pas à faire des choix, ayant toujours peur de ne pas faire le bon, ce qui d’ailleurs est déjà arrivé. Bref, je termine une thèse, passe un concours (et pas des moins ardus), bosse à plein temps, publie dans des journaux, et fais autant de danse classique que mon corps me le permet (ce matin peut-être a-t-il d’ailleurs essayé de me faire passer un message…au niveau du tendon droit. Avant la troisième semonce je ne réponds pas. C’est la technique du chien dans d’autres circonstances, et ça marche plutôt bien…)
Je ne vais pas pour autant me scléroser et arrêter de sortir me cultiver, voir mes proches, lire des romans…parce que l’addiction au travail s’avère improductive. Mais la tenue de ce blog, ces prochains temps, le sera tout autant. Aussi, je pense que vous aurez droit à mes citations, mes humeurs, des choses impersonnelles, mais rien d’intellectuel pendant un temps. Ce qui ne vous dispense pas d’un petit mot d’encouragement de temps à autres. Je n’oublie pas ceux qui ont toujours été présents, et c’est peut-être eux, dans les échéances qui m’attendent, que j’ai le plus peur de décevoir.
A bientôt
AHF
23:15 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

