02.05.2009
LE MANDARIN MERVEILLEUX / LA STIRPE DI LEONARDO, Opéra du Rhin, Strasbourg, Colmar et Mulhouse
« La force naît par violence
et meurt par liberté. »
Leonardo da Vinci
REPRISE
LE MANDARIN MERVEILLEUX / Lucinda Childs
Création par le Ballet de l’Opéra national du Rhin en 2003
CRÉATION
LA STIRPE DI LEONARDO / Jacopo Godani
La recherche contemporaine s’est gavée d’abstraction pendant toute la deuxième partie du XXe siècle. Le fait que la danse ne puisse tout exprimer sans avoir recours à la pantomime était une excuse confortable. Lucinda Childs affronte à présent le récit sans jamais trahir son univers.
Il est aussi temps de rechercher de nouveaux sujets pour la danse. Et cesser un moment de ne faire appel qu’à notre seule sensibilité, qui peut être une « misère » posée sur un vide d’inspiration.
Biographie chorégraphique, la danse s’empare du personnage de Leonardo da Vinci pour ouvrir de nouvelles perspectives sensibles sur ce créateur multiple.
LE MANDARIN MERVEILLEUX Chorégraphie Lucinda Childs Musique Béla Bartók Décors et costumes Rudy Sabounghi Lumières Christophe Forey | LA STIRPE DI LEONARDO Chorégraphie, scénographie, costumes, lumières Jacopo Godani Musique Groupe 48nord (Siegfried Rössert, Ulrich Müller) |
Ballet de l’Opéra national du Rhin
DATES
STRASBOURG
Opéra
di 24 mai 15 h
ma 26 mai 20 h
me 27 mai 20 h
je 28 mai 20 h
ve 29 mai 20 h
COLMAR
Théâtre Municipal
sa 16 mai 20 h
di 17 mai 15 h
MULHOUSE
Filature
me 6 mai 20 h
je 7 mai 20 h
di 10 mai 17 h
http://www.operanationaldurhin.fr
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27.10.2008
DES ORDRES / DÉSORDRES, Opéra du Rhin, Strasbourg, Novembre 2008
Création
RETOUR À DOGVILLE / Hervé Maigret
Création
IMMANENCE / Andonis Foniadakis
Nouvelle entrée au répertoire
FLOCKWORK / Alexander Ekman
Création le 9 novembre 2006 au Lucent Danstheater, La Haye
Le Ballet de l’Opéra national du Rhin ouvre une nouvelle page de son histoire. Andonis Foniadakis a déjà entamé, avec Les Boréades puis la Xe Symphonie, une belle collaboration avec la compagnie. Alexander Ekman, dont Jiří Kylián et Mats Ek encouragent une carrière déjà bien engagée et Hervé Maigret, issu de la mouvance Brumachon, développent chacun un style très personnel. L’un propose une danse pleine de vie et d’humour, l’autre une sorte de Tanz Theater à la française où Beaumarchais rencontrerait Pina Bausch. Ce programme est un pari sur l’avenir, dans lequel le Ballet de l’Opéra national du Rhin s’engouffre avec gourmandise.
RETOUR À DOGVILLE
Chorégraphie Hervé Maigret
Assisté de Nathalie Licastro, Stéphane Bourgeois, Didier Merle
Conception sonore Jérémie Morizeau
Scénographie Cyrille Bretaud
Costumes Hervé Maigret, Cyrille Bretaud
Lumières Nathalie Ringeisen
IMMANENCE
Chorégraphie Andonis Foniadakis
Assisté de Claude Agrafeil
Musique Julien Tarride
Costumes Andonis Foniadakis
Assisté de Marion Schmid
Lumières Nathalie Ringeisen
FLOCKWORK
Chorégraphie, décors, vidéo musique et conception sonore Alexander Ekman
Assistantes à la chorégraphie Claude Agrafeil, Célia Amade
Costumes Alexander Ekman, Joke Visser
Lumières Tom Visser
Ballet de l’Opéra national du Rhin
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02.07.2008
Soirée Béjart à l'Opéra de Strasbourg
BÉJART !
Critique à venir... le temps de l'écrire.
VARIATIONS POUR UNE PORTE ET UN SOUPIR
Pierre Henry
ENTRÉE AU RÉPERTOIRE
Création le 22 octobre 1965 au Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles
SONATE À TROIS
Belà Bartók
ENTRÉE AU RÉPERTOIRE en 1997
Création le 4 mai 1957 au Théâtre d’Essen
LE MARTEAU SANS MAÎTRE
Pierre Boulez
ENTRÉE AU RÉPERTOIRE en 2004
Création en janvier 1973 à la Scala de Milan
« J’ai eu l’impression de passer à travers un
mur deux fois dans ma vie. Et chaque fois,
grâce à la musique. Avoir d’abord entendu le
son de la musique concrète, puis avoir connu
l’analyse boulezienne, m’a permis d’aborder
vraiment les autres musiques. »
MAURICE BÉJART PAR MAURICE BÉJART, Colette Masson et Gérard Mannoni
De Maurice Béjart, tout le monde connaît les grandes pièces : Le Sacre du printemps, L’Oiseau de feu, Le Boléro, la Messe pour le temps présent ou La Neuvième Symphonie. Le Ballet de l’Opéra national du Rhin a délibérément choisi de proposer un autre éclairage sur un Béjart moins connu, plus intimiste, mais tout aussi inventif, sur cet artisan qui, dans son atelier, explore avec gourmandise les relations entre littérature, théâtre et musique avec un sens unique du spectacle qui fait de lui une figure de proue de la danse de notre époque.
00:20 Publié dans Danse | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
18.06.2008
La danseuse Cyd Charisse est morte aujourd'hui...
Aujourd'hui, Cyd Charisse est morte...
Cyd Charisse, de son vrai nom Tula Ellice Finklea, est née le 8 mars 1922 à Amarillo, Texas. Celle qui est depuis devenue la plus grande danseuse de l'histoire du film musical américain, a commencé par étudier et pratiquer la danse classique. Elle a fait ensuite partie des ballets russes de Monte-Carlo et a travaillé avec David Lichine et Leonid Massine sous les pseudonymes de Maria Istomina et Felia Sidorova. Elle épouse, en 1939, son ex-professeur, le danseur Nico Charisse. En 1943, à la demande de David Lichine, elle fait ses débuts à l'écran dans un ballet de "Something to shout about", sous le pseudonyme de Lily Norwood. La même année, elle incarne une danseuse du Bolchoï dans "Mission to Moscow", de Michael Curtiz. Le chorégraphe Robert Alton et le producteur Arthur Freed l'engagent pour danser avec Fred Astaire dans "Ziegfeld Follies", de Vincente Minnelli, et elle signe un contrat de sept ans avec la MGM. En 1945, "The Harvey Girls", de George Sidney, avec Judy Garland, lui permet de montrer ses talents de comédienne.
Le début d'une carrière
Pendant quelques années, elle va apparaitre régulièrement dans les numéros dansés de comédies musicales dont les vedettes sont Judy Garland, Esther Williams et Kathryn Grayson. En 1948, elle épouse en deuxièmes noces le chanteur Tony Martin. 1949 est la date de son premier rôle dans un fil non musical : "Tension", un policier de John Berry, que suit "Ville Haute, Ville Basse", de Mervyn LeRoy, avec Barbara Stanwyck et James Mason. Elle est espagnole dans "Le signe des renégats" (Hugo Fregonese, 1951), où elle danse avec Ricardo Montalban, et indienne en 1952 dans "Au pays de la peur", un western d'Andrew Marton.
Les grands films
Mais sa gloire commence en 1952 avec son admirable apparition dans la scène du Broadway Melody Ballet, avec Gene Kelly, dans le plus célèbre des films musicaux : "Chantons sous la pluie", de Gene Kelly et Stanley Donen. Sa robe blanche dans la séquence onirique, sa coiffure à la Louise Brooks et sa silhouette dans la première partie de ce ballet sont une révélation pour beaucoup. Le talent et la beauté de Cyd Charisse dans ce film font d'elle une des vedettes inoubliables de "Chantons sous la pluie", malgré l'apparition somme toute assez courte qu'elle y fait et l'anonymat de son personnage dans le scénario. Cette manière d'être double sera également utilisée par Vincente Minnelli dans "Tous en scène" (1953), dont, consécration suprême, elle partage la vedette avec Fred Astaire. "Chantons sous la pluie" et "Tous en scène" sont les deux sommets de sa carrière, et des numéros comme le Broadway Melody Ballet et, dans le second film, Dancing in the dark et The Girl Hunt Ballet font partie de toutes les anthologies de la comédie musicale.
Cyd Charisse sur le devant de la scène
Devenue vedette à part entière, Cyd Charisse retrouve Gene Kelly dans un musical féerique de Vincente Minnelli, "Brigadoon" (1954), exécute un de ses plus beaux numéros dans "Au fond de mon coeur" de Stanley Donen et apparaît au sommet de sa beauté et de son talent dans "Beau fixe sur New York", de Gene Kelly et Stanley Donen. En 1957, elle reprend le rôle créé en 1939 par Greta Garbo, dans la version musicale de Ninotchka que dirige Rouben Mamoulian : "La belle de Moscou". Avec Fred Astaire, elle y exécute quelques-unes des danses les plus élégantes de sa carrière. En 1958, elle est la "Party Girl" du film homonyme de Nicholas Ray. Ses deux ballets sont admirables, mais elle est aussi surprenante dans ce rôle très dramatique du dernier de ses grands films musicaux. De sa fin de carrière, on retiendra surtout son rôle de vamp dans "Quinze jours ailleurs", de Minnelli. Cyd Charisse est ensuite apparue régulièrement dans des shows télévisés, avec son mari, Tony Martin, mais également sur scène, à Las Vegas (également avec Tony Martin), à Londres, à New York et à Melbourne, où elle était à l'affiche de comédies musicales ("No, No, Nanette", "Charlie Girl", "Illya Darling" et "Grand Hotel").
Cyd Charisse est décédée le 17 juin 2008 à Los Angeles, en Californie.
19:20 Publié dans Danse | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
25.05.2008
Marie-Agnès Gillot, hier soir, à Pôle Sud

Fluidité, grâce et sensibilité rares hier soir.
Osmose, aussi, pour deux genres, le hip hop, et le contemporain, qu’il pouvait paraître assez audacieux d’associer. Mais Marie-Agnès Gillot a ce sens là, cette transcendance dans le geste qui lui permet d’aller au delà des querelles de clocher pour offrir un travail symbiotique et dessiné dans de la dentelle, comme le corps de la danseuse, de ces corps qui imposent le silence à peine ils apparaissent dans une pièce. De ces ports de tête qui suscitent une sorte de déférence alors même que le corps s’offre dans la douleur et dans l’effort. Le verbe ne doit, être, finalement, qu'une faible compensation à la laideur, un maigre cache-misère. La beauté n'a de plus bel écrin que le silence. La musique s’effaçait au profit du bruit des corps en mouvement, tout l’espace était capté par ce mariage réussi de force et d’extrême douceur, duveteuse, mais déterminée…
11:20 Publié dans Danse | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
24.05.2008
Ce soir, Marie-Agnès Gillot est à Pôle Sud, Brouillonsdeculture va voir son idole...
Et remercie S.O., qui le lui a permis, et n'a eu que ces seuls mots alors qu'il m'a trouvé des places quand le spectacle affichait complet depuis longtemps "Je sais ce que c'est que d'avoir une passion". Infiniment merci
Marie-Agnès Gillot "Les rares différences"
Pièce avec 2 danseurs hip hop + 1 danseuse contemporaine
Marie-Agnès Gillot, Danseuse Etoile de l’Opéra de Paris depuis 2004, rêvait de se confronter à une œuvre du sculpteur Rodin. L’occasion lui fut donnée de chorégraphier une pièce pour danseurs de hip hop dans le cadre de Suresnes Cité Danse en 2007. Introduite dans le vocabulaire hip hop par le chorégraphe Abou Lagraa avec lequel elle a collaboré en 2006, elle en apprécie la dissociation extrême et l’exigence imposée. Trouvant de nombreux points communs entre sa technique classique et celle de ses interprètes, la chorégraphe cisèle une danse de l’épure où les singularités physiques des danseurs sont mises en valeur tout autant, à la manière du sculpteur, que le modelé d’un genou, d’une épaule ou la texture d’une peau.
“Inspiré par la sculpture de Rodin, le trio “Les rares différences” fait imploser les corps lentement. (…) Cette chorégraphie reflète surtout la façon dont Marie-Agnès Gillot colle à ses sentiments, tente d’en trouver une expression gestuelle neuve sans perdre de vue la capacité singulière des interprètes hip hop.”
Rosita Boisseau - Le Monde – janvier 2007
Marie-Agnès Gillot entre à l’Ecole de Danse de l’Opéra de Paris à l’âge de dix ans. En 1989, elle est admise dans le corps de Ballet de l’Opéra de Paris et elle y gravit les échelons très rapidement. En 1992, elle participe à la création d’ “Attentat Poétique” de Daniel Larrieu et enchaîne de nombreuses distributions dans des rôles d’importance aussi bien dans le répertoire classique que contemporain. Promue Première Danseuse en 1999, elle est finalement nommée Danseuse Etoile du Ballet de l’Opéra de Paris, le 18 mars 2004.
Jean-Louis Gadé – Cie Wambelê
N'Djote, c'est ma faute
2 danseurs & 2 musiciens - Création
“N’Djote” troisième création de la compagnie Wambelê, est l’histoire d’une révolte. Celle de deux hommes en quête d’eux-mêmes. Aller hors de soi pour se retrouver, telle une quête profonde d’un moi perdu entre deux terres, entre deux je. Leurs peurs, leurs incertitudes, leurs émotions face au sentiment d’être l’Autre partout. Deux sur scène, c’est leur propre rôle qu’ils choisissent d’incarner. Questionnant leur propre identité, ils plongent dans l’intimité chaotique de leur histoire intérieure et nous livrent une pièce saisissante de sensibilité et d’émotion.
Abandonner, résister, affronter, renoncer, fuir, lutter…Telle une écriture de soi, le corps des danseurs, miroir de leurs hésitations, explore les angoisses et les doutes liés au refus de se perdre. Les sons et les gestes se télescopent ; la voix, chantée ou parlée, accompagne ou précède le mouvement.
Jean-Louis Gadé
Jean-Louis Gadé a grandi en Côte d’Ivoire où il s’initie au chant et à la danse. Son parcours en tant que soliste au sein de prestigieux ballets africains lui a donné la maîtrise d’un répertoire large et varié. Il forme en 1994 la troupe Yelemba avec laquelle il sillonne l’Europe avant de s’installer en Alsace où il fonde sa nouvelle compagnie, Wambelê.
19:46 Publié dans Danse | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Virgilio Sieni
Réaction à froid. A chaud les mots sont aussi déstructurés que ce qui vient de se jouer sous mes yeux. Moment d’intimité partagée avec un danseur et un pianiste, jouant du Bach comme on l’entend dans un conservatoire. Alors que s’attend-on à voir ?
De l’inédit en ce qui me concerne. Le corps du danseur, que l’on sait, par la précision de certains gestes qui ne trompent pas l’œil averti (tel frappé, telle pirouette), maîtriser la technique, ingérer la musique dans une sorte de transe dont naît une chorégraphie viscérale, parfois dérangeante, toujours déstabilisante. Le corps est ici plus qu’un matériau au service d’une mélodie, d’un son ou d’une chorégraphie, l’artiste est un médium et son corps un canal. Il souffre, il crée et enfante dans la douleur l’enfant de ce son dont il s’est laissé pénétrer.
Plus qu’une recréation, Virgilio Sieni nous propose une définition de la danse. Qui ne se superpose pas aux autres, mais s’ajoute. Le danseur se situe dans la recherche d’un langage qui parfois balbutie, mais maîtrise trop une syntaxe compassée pour ne pas s’en affranchir. Et ce type de prestation blesse viscéralement qui est capable d’empathie, de la même manière qu’il laisse optimiste sur ce qu’est la danse aujourd’hui, et sur le fait, à mon sens, que son point final ne s’écrit pas plus avec un Noureev qu’un Béjart, dont personnellement, je porte encore le deuil.
Et ce matin, à la barre, je faisais mes ports de bras et mes pirouettes en écoutant le pianiste, et en m’imposant les contraintes du genre : port altier, muscles serrés jusqu’à la tétanie, douleur masochiste et salvatrice. L’affranchissement se mérite, et parfois ne s’obtient pas. Ce qui est rare est cher, ce qui est unique n’a pas de prix…
19:39 Publié dans Danse | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
23.05.2008
Au programme ce soir, tout du moins pour moi..
Je ferai un rapide commentaire demain. Je me réjouis de ce "tête-à-corps...
Virgilio Sieni
Solo Goldberg improvisation
Festival Nouvelles Strasbourg danse
Italie
1 danseur + 1 musicien
Sur scène, un corps, celui de Virgilio Sieni, et deux mains, celles du pianiste Diego Maccagnola qui joue en direct les “Variations Goldberg”. On ne peut qu’être subjugué par la vitesse et la qualité d’une interprétation toute à la fois virevoltante et légère et qui sait laisser sa trace. Une musique et un corps au diapason du direct, une improvisation majestueuse qui permet au spectateur de se sentir au coeur du mouvement dans un temps quasiment suspendu.
“Il n’y a pas de parcours défini dans les “Variations Goldberg” de Bach. J’utilise donc le terme improvisation pour définir un travail qui n’est pas fondé sur le principe de l’improvisation mais sur celui de la reconnaissance et du renouveau. Bien sûr, j’improvise. Je me laisse emporter par ce qui n’est pas proprement une surprise mais plutôt un devenir imperceptible. Je dépouille le corps, ou plus précisément, je tente de dépouiller le corps de pratiques liées à la danse et au canon de la musique sacrée. Je dépèce le corps, m’attachant chaque fois à rechercher - avec fatigue et douleur, mais aussi avec légèreté et désir d’être traversé par quelque chose d’autre – la signification et le sens de la disparition : se mouvoir pour disparaître, faire peser le corps afin qu’il ne laisse que traces et empreintes. Je pense que les “Variations Goldberg” n’invitent pas à la danse mais à un acte de réflexion, à une introspection au cours de laquelle n’apparaît rien d’autre qu’un corps “écorché”. C’est pourquoi ce travail – commencé en 1987 – m’apparaît comme une sorte de manifeste, quelque chose de plus qu’un simple vocabulaire : une recherche sur les faiblesses, les imperfections, l’effort, les replis et les poussières, sur tout ce qui traverse le corps pour devenir forme, sur ce “quelque chose” qui transforme le corps en un pantin tragi-comique, témoin de notre temps.”
Virgilio Sieni
“ (…) Le point fort de “Solo Goldberg Improvisation” de Virgilio Sieni est la puissance de communication de la trace, évanescente et pourtant visible, laissée dans l’espace par un phrasé à l’intérieur duquel la défragmentation du mouvement est une sorte de zoom dynamique, détaillant de manière expressive les différentes parties du corps. Sources d’intérêt depuis 1987, les “Variations Goldberg” de Bach refont surface, incitant l’artiste à un nouveau dialogue, sachant que la combinaison entre lieux, public et situations diverses peut provoquer de nouvelles interactions entre partition, mouvement et sujet. C’est une danse qui chante au travers de l’improvisation d’un geste. Mains, pieds, muscles du dos, mouvements saccadés du sternum, du cou, s’insinuent dans l’espace avec brio et sueur. Exécutées au piano par Diego Maccagnola, les variations sont pour Sieni une matière vitale d’extraire une danse qui se veut dénudée, mais étroitement liée à l’humour, la virtuosité, la fatigue, l’impulsion instantanée”.
Francesca Pedroni
Le travail chorégraphique de Virgilio Sieni s’enrichit de nombreuses collaborations artistiques avec des plasticiens, des musiciens et des compositeurs de renom avec lesquels il a créé des œuvres originales. Ses travaux, ses performances et ses scénographies sont reconnus comme l’une des plus importantes expérimentations théâtrale conduite au cours des dernières décennies. Sieni se confronte à la danse comme à une forme d’expression visuelle contemporaine, démantelant ainsi le vocabulaire étriqué et nostalgique des pas et des figures du répertoire académique et balayant les idées traditionnelles et surannées attachées aux atmosphères romantiques, aux sauts spectaculaires et à un certain sentimentalisme. Virgilio Sieni a choisi de s’éloigner des formes classiques de la danse et de la performance pour s’inscrire dans les mouvements significatifs de l’art et du théâtre contemporains. Par cette posture, Sieni a conduit la chorégraphie italienne et sa mise en scène à la maturité et au niveau de la scène internationale.
Ensuite, nous terminerons la soirée (tard, très tard, à Pôle Sud, par une performance d'Olga de Soto "histoire(s)". Puis nous rentrerons sagement parce que demain Brouillonsdeculture a un cours de danse classique tôt le matin...
voir le site Pôle Sud: http://www.pole-sud.fr/spectacles/calendrier/calendrier_05.php
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13.05.2008
Festival Nouvelles Danses Pôle Sud
FESTIVAL NOUVELLES STRASBOURG DANSE
Du jeudi 15 au vendredi 30 mai 2008
18ème édition d'un festival majeur
Présentée aux quatre coins de la ville, la danse réaffirme sa diversité et son implication dans les arts d’aujourd’hui. Indisciplinée, transdisciplinaire, il est sûr que la danse ne peut se contenter d’un cadre précis.
Vous pourrez découvrir un large éventail de ce qui se fait aujourd’hui en France mais aussi dans d’autres pays. Une fois encore, les esthétiques se croisent, se télescopent parfois, les énergies à chaque pièce renouvelées nous transportent dans des univers inattendus.
Nous suivrons, pas à pas, les propositions d’artistes authentiques et engagés.
Une fenêtre ouverte sur des productions originales, troublantes, réjouissantes, nécessaires.
Aller sur le site de Pôle sud pour voir le programme, en ce qui me concerne je vais sacrifier, et ceci dès mon retour de déplacement, beaucoup d’heures de travail et de sommeil pour aller tout voir. Si je devais signaler un événement, ce serait la venue de Marie-Agnès Gillot, Etoile à l’Opéra de Paris. Et s’il y a des volontaires, étant donné que je pense que mon acolyte habituel n’aura pas la résistance de tout voir (il vient déjà de se taper Balanchine, Noureev et Forsythe à l’Opéra Bastille…)
PS : Oui, c’est vrai, j’ai beaucoup de critiques en retard, et je m’en excuse. Je ne vous parle pas du reste, d’ailleurs. Après le 18 mai, ce blog retrouvera sa vitalité…
18:10 Publié dans Danse | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
12.04.2008
Noureev / Balanchine / Forsythe, Opéra Garnier - Paris, du 4 Avril 2008 au 9 Mai 2008
Moi, j'y vais. Avec une excitation à son comble... Trois chorégraphes à mettre à mon panthéon.
Trois visages d'une même danse ? Certainement l'expression diversifiée d'une passion commune, celle du mouvement dessiné, de l'énergie tellurique du corps devenue poésie, de la beauté de l'image scénique comme moyen d'introspection. Exploration certainement plus provocante encore des possibilités du corps. Du plus académique au plus extrême, c'est toute l'évolution et la grandeur de la danse classique.
Chorégraphie de Rudolf Noureev, George Balanchine et William Forsythe
Avec les Etoiles, les premiers danseurs et le corps de ballet de l'Opéra national de Paris
La critique evene
par Mathieu Laviolette-Slanka
Trois oeuvres, trois époques : ce programme a été conçu pour ouvrir le regard à une conception historique de la danse et sortir le ballet classique des préjugés. Pédagogique autant que technique, il explore les grands courants de cet art qui n'est pas reclus aux tutus et aux pointes et qui, modernisé, ne sombre pas pour autant dans un concept intransigeant et obscur. Et de lumière, il sera beaucoup question dans ce triptyque.
Froide et médicale chez Balanchine, elle rend compte du corps dans sa vérité crue d'objet malléable. Les influences du modern jazz sont évidentes ; mais si Karl Paquette et la jeune étoile Dorothée Gilbert offrent ce soir-là un moment de pure sensualité, on sent une certaine raideur dans la décontraction.
L'extrait du ballet 'Raymonda' de Noureev et Petipa apparaît comme un monument baroque. Costumes ultra-élaborés, enchaînements académiques, adages sont au rendez-vous pour un épisode de caractère. "Voyez comme c'est facile", semblent dire les interprètes alors qu'ils enchaînent les tours de force de cette composition passant pour être "une encyclopédie des formes de la danse réglées par Petipa". Là encore, Dorothée Gilbert justifie sa nomination par une variation simplement parfaite.
Atmosphères contrastées enfin pour 'Artifact Suite', créé par William Forsythe en 2005. Travaillant sur des jeux d'orthogonalité changeant comme des flashes, le chorégraphe impose un point de vue mouvant, rénovant la conception du 4e mur et le rapport même des artistes à la salle (et vice-versa). Solistes et corps de ballet trouvent également un rôle nouveau, diffractant l'espace sur le rythme lancinant et envoûtant de la musique sérielle de Eva Crossman-Echt. Tour à tour séparés puis réunis en un serpent menaçant, les mains et les bras jaillissent et explosent lors d'un final éclatant de grâce et de maîtrise - une émotion évidente, perceptible par chacun. De quoi comprendre et apprécier, à défaut de connaître, cet art en perpétuel renouvellement.
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