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21.07.2008
Indiana Jones opus IV

Qu’on se le dise, la fête de la musique, c’est bruyant. Et quand on aime la musique, on n’apprécie pas forcément le bruit. Ni la foule en sueur. D’autant que dans certaines villes (pas dans celle où nous étions ce soir-là, cela dit…), il semblerait même plutôt qu’avec le temps, ce soient les muses bière, frites et merguez que l’on célèbre, plutôt que cette bonne vieille Euterpe. (Qui ça ? Je vous l’avais bien dit, quand, en plus, l’inculture s’en mêle…)
Bref, le soir était tout indiqué pour aller veiller à la survie de l’espèce dans un endroit insonorisé, ou se faire une toile dans une salle obscure. Ayant décidé arbitrairement que l’espèce pouvait attendre, Monsieur Brouillonsdeculture et moi-même sommes allés, nostalgiques, dubitatifs, mais un rien excités, voir le dernier Indiana Jones. Le risque de déception était assumé, ce n’est pas pour autant qu’à la sortie du cinéma, je n’ai pas eu envie de m’asseoir sur le trottoir pour écouter le « bruit », le regard fuyant et l’air hagard….
Je ne dirai pas à qui veut l’entendre qu’en marge de mes diplômes d’histoire de l’art j’ai une maîtrise en archéologie, parce que sa qualité intrinsèque vaut bien la peine qu’on l’oublie définitivement. Mais il se trouve que si j’ai usé mes fonds de culottes dans des bibliothèques à bosser sur Délos, Thasos ou une autre sombre cité qui ne dira rien au commun des mortels, Indy n’y est pas étranger. Et j’assume. Parce que je suis une vraie groupie. Et ça aussi je l’assume très bien. La vraie groupie, elle fantasme sur Harrison Ford, mais va suivre des cours d’hébreu cubique et de phénicien ancien, et se débrouille pour valider ses modules…
Alors que dire du film, si ce n’est qu’il m’a laissé un rien mutique. Bien sur, retrouver Ford en Indy vieillissant, flegmatique et sexy, n’ayant rien perdu de son charme, était fort agréable à l’œil et à l’imaginaire. Mais au-delà de cette réminiscence bénie, rien. Faut-il parler de la vacuité insondable du scénario, de la nostalgie à couper au couteau distillée à chaque plan, juxtaposant les références qui n’ont pour effet que de susciter un profond regret de la trilogie originelle ? Insister sur ce dernier opus qui n’est même pas un long métrage, mais plutôt un hommage mal ficelé sur le thème « nous nous sommes tant aimés » ? Faut-il mentionner l’enchaînement poussif et lassant des séquences d’action proposant cascades improbables sur chutes surréalistes, agrémenté d’une bande son assourdissante ? Est-il plus pertinent de parler de la surenchère sensationnaliste ou de l’avenir certain du fond bleu…
Sans compter l’impression parfois perturbante de se sentir dans un mauvais Star Wars, brassant une histoire d’amour à la guimauve et une paternité révélée tardivement, ou dans un remake d’E.T., substituant le vieux fond d’archéologie fantasmée qui faisait le charme exotique des trois premiers opus par une tentation extraterrestre mal à propos. A quand « Indiana Jones a marché sur la Lune » ?
Quoi qu’il en soit, j’ai appris de ce film ce que je savais déjà : Harrison Ford a bien raison de se taper une petite jeune (de 40 ans, certes, mais lui en a…66 ?!), il a encore de très beaux restes. Enfin, quand une expérience a laissé un souvenir impérissable et s’est sédimentée dans le fantasme, il ne faut surtout pas y retourner. On ne fait pas du neuf avec du vieux…
Après ça, la survie de l’espèce, elle pouvait bien attendre encore un peu…
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Commentaires
" (...) Ford en Indy vieillissant, flegmatique et sexy, n’ayant rien perdu de son charme, était fort agréable à l’œil et à l’imaginaire. (...) "
Alors, là. Si c'est pas une déclaration d'amour ça!
Euh, au fait Audrey : comment trouves-tu le temps de faire tout ce que tu fait?
Chapeau bas.
Dans le désordre d'une vie bien organisée :
" (...) [parmi] mes diplômes d’histoire de l’art j’ai une maîtrise en archéologie, parce que sa qualité intrinsèque vaut bien la peine qu’on l’oublie définitivement. Mais il se trouve que si j’ai usé mes fonds de culottes dans des bibliothèques à bosser sur Délos, Thasos ou une autre sombre cité qui ne dira rien au commun des mortels. (...) [et] va suivre des cours d’hébreu cubique et de phénicien ancien, et se débrouille pour valider ses modules… (...) "
A ce sujet, connais-tu Marie-Domithilde Porcheron Fersing? Je l'ai eu comme prof (là j'me la pête :). Brillante (un peu comme toi :)). Helléniste. Latiniste. Première diplômée du Grand prix de Rome d'histoire de l'Art.
Amitiés.
Ecrit par : Patrick | 23.07.2008
Comment je trouve le temps ? Je me le suis souvent demandé. Ou plutôt, pendant longtemps, la question ne s’est pas posée. Je faisais, voilà tout. Assez mal, parfois. J’étais une piètre archéologue. Et pour tomber dans la banalité, quand on aime, on ne compte pas…le temps, justement. J’ai aussi pris celui de vivre, et je continue, c’est important…mais c’est vrai que j’ai cultivé le goût de l’étude et du savoir, et qu’aujourd’hui, si je fais ce que je fais, c’est aussi pour rester dans cet univers purement intellectuel, très improductif. Cet état de fait a été longtemps difficile à assumer, être taxée de « n’avoir pas de vrai métier », être considérée comme « éternelle étudiante » alors que j’ai toujours parallèlement gagné ma vie, me mettait assez mal à l’aise. Et puis j’ai cessé de m’expliquer, et j’ai vécu dans ce que je considère comme étant une forme d’hédonisme : s’il n’y a que les sphères poussiéreuses des bibliothèques qui m’intéressent, je ne vais pas me forcer à faire autre chose. Il s’agit d’en vivre, et enseigner est une bonne manière, si et seulement si on le souhaite, de ne pas s’encroûter. Mes étudiants architectes ne me laissent par exemple rien passer. Ils ont raison.
Je connais la personne dont tu parles de très loin, j’ai eu certains de ses articles en main. Mais j’ai arrêté l’archéologie il y a fort fort longtemps pour bifurquer vers l’histoire de l’art, après une année de maîtrise avec un directeur fâcheux. J’ai eu du mal à me remettre d’une direction pareille, mais ne peut pas ne pas être remplie de gratuite à l’égard d’un homme qui finalement, m’a amené à en rencontrer un autre, qui dirige ma thèse aujourd’hui. Un mal pour un bien. Cette expérience m’a d’ailleurs convaincue que chaque rencontre désastreuse n’existait que pour en préparer une autre, bénéfique. Ca continue à se vérifier, et je continue à faire des rencontres désastreuses…
Quant à ma déclaration d’amour à Ford…oui, je dois admettre. J’ai un certain nombre de relations unilatérales fantasmées avec des acteurs et autres stars plus toutes jeunes. Mais des gérontophiles mythomanes, il en faut aussi :))
Ecrit par : AHF | 23.07.2008
" (...) Mais des gérontophiles mythomanes, il en faut aussi :)). "
Ha Audrey va commencer à se lâcher. Enfin!
Ecrit par : Harrison Ford | 23.07.2008
Quand tu veux harry, j'ai un créneau entre l'archi des prisons et la philosophie pénale de Beccaria...
Ecrit par : AHF | 23.07.2008
Heu! C'est une invitation, ça... non? :)
Yes! Quand tu veux également :
" (...) j'ai un créneau entre l'archi des prisons et la philosophie pénale de Beccaria..."
Bon ça nous laissera pas beaucoup de temps, mais bon.
Heu! C'est romantique les prisons et Beccaria?
Ecrit par : Harrison Ford | 23.07.2008
Si c'est romantique? Non, mais moi non plus je ne le suis pas...
Ecrit par : AHF | 27.07.2008
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