31.10.2007
Gustave Courbet au Grand Palais
La critique attendra deux semaines... Pour patienter, la présentation de l'expo disponible sur le site du Grand Palais.
Une exposition organisée par la Rmn et le musée d’Orsay avec The Metropolitan Museum of Art, New York, et la Communauté d’agglomération de Montpellier / musée Fabre.
Avec le soutien de la Fondation Bettencourt Schueller.
L’exposition sera présentée au Metropolitan Museum of Art du 27 février 2008 au 18 mai 2008 et au musée Fabre du 13 juin 2008
En partenariat média avec Le Figaro, France Inter, Le Point et Paris Première
Cette exposition-événement présente 120 peintures, une trentaine d'œuvres graphiques et environ 60 photographies sur un parcours de 1500 m². Depuis 1977 (date de la dernière grande monographie consacrée à l’artiste à Paris), de nombreuses recherches en France et à l'étranger ont permis de proposer de nouvelles lectures de l'œuvre de Courbet (1819-1877), dans le contexte de la création artistique des années 1840-1860.
Cette rétrospective souligne la complexité de l’œuvre de Courbet, de ses liens parfois paradoxaux avec la représentation du réel et la tradition picturale. Elle réévalue la place de l'artiste dans son époque, analyse ses liens avec les autres arts, la photographie en particulier. L’exposition donne aussi les clefs de compréhension d’une œuvre protéiforme, de l'énoncé réaliste des années 1848-1855 et de ses conséquences pour l’histoire de l’art. Cette approche permet de s'interroger autant sur la nature du réalisme de Courbet que sur la place de la culture romantique dans son œuvre. Elle met en lumière une influence qui fut décisive pour les tenants de la "Nouvelle Peinture" des années 1860 et les débuts de l'impressionnisme.
L'exposition s'articule autour de huit sections :
L’invention de Courbet : les autoportraits de jeunesse. Cette section rassemble pour la première fois un ensemble important des autoportraits peints et dessinés de 1840 à 1855. Dans une vision romantique, l'artiste se place au centre de son œuvre donnant à ses autoportraits une place majeure qui n'est pas sans évoquer Rembrandt.
De l’intime à l’Histoire. Toute sa vie Courbet demeura fidèle à ses racines familiales et à sa terre natale. Elles lui inspirent ses premières grandes toiles, affirmations de sa création artistique.
Les manifestes. Autour de L'Enterrement à Ornans et de L'Atelier du peintre, exceptionnellement déplacés du Musée d'Orsay au Grand Palais, cette section met en évidence la cohérence de l'ambition artistique de Courbet au début des années 1850 et sa mise en scène par le peintre lui-même.
Paysages. La section s'articule autour des deux belles séries consacrées aux grottes de la Loue et aux vagues normandes dont les versions les plus importantes sont rassemblées. Cette thématique permet d'explorer avec pertinence les liens avec la photographie contemporaine – Le Gray, Le Secq, Giroux notamment.
La tentation moderne. Durant les années 1860, Courbet, alors au faîte de sa célébrité, est une référence essentielle pour la génération montante de la Nouvelle peinture et des débuts de l'Impressionnisme; l'œuvre de ces jeunes peintres stimule à rebours Courbet, notamment autour du portrait et du sujet moderne.
Le nu, la tradition transgressée. Le nu féminin est un des enjeux majeurs pour Courbet qui peint ses premiers nus dans les années 1840. La présentation des Baigneuses en 1853 (musée Fabre, Montpellier) lui permet d'affirmer sa fidélité à la tradition et sa volonté d'un renouveau réaliste. Cette section rassemble, autour de L'Origine du Monde (1866, musée d’Orsay, Paris) l'ensemble des grandes toiles consacrées à ce genre, de La Bacchante endormie (1844-45, Fondation UNICEF, Cologne) à La Femme au perroquet (1866, The Metropolitan Museum of Art).
Le peintre en chasseur mélancolique. Les œuvres liées à la chasse ont souvent été négligées par les historiens d'art. Elles occupent pourtant une place essentielle, au regard de la peinture d'histoire, valorisée dans l'exposition par la présentation autour des grands formats – L'Hallali du cerf (1866, musée des Beaux-Arts de Besançon), Le Combat de cerfs (1861, musée départemental Gustave Courbet Ornans) – de l'ensemble des œuvres essentielles de cette thématique.
L'expérience de l'histoire : Courbet et la Commune. Courbet avait toujours entretenu des liens complexes avec le politique. Il s'engage pour la première fois dans l'action à l'occasion du siège de Paris et de la Commune où il préside la Fédération des Artistes. L'artiste paiera cette implication politique, notamment les conséquences de la destruction de la colonne Vendôme. Emprisonné, malade, contraint à l'exil en Suisse à partir de 1873, Courbet est un artiste désormais survivant. A l'exception de l'Autoportrait à Sainte-Pélagie (1861, musée départemental Gustave Courbet Ornans), le peintre n'a pas traité directement les événements dont il fut témoin et acteur. La série mélancolique de natures mortes, peintes entre 1871 et 1873, lui permet d'exprimer son désarroi.
L'exposition se conclut sur la présentation rare des trois tableaux consacrés aux Truites de la Loue, métaphores de l'artiste et de son destin douloureux.
Une invitation a été faite au photographe suisse Balthasar Burkhard de réaliser, en référence à l'œuvre de Gustave Courbet, plusieurs épreuves de grandes dimensions qui seront présentées au cœur de l'exposition dans l'escalier monumental du Grand Palais
Galeries nationales du Grand Palais
75008 Paris
Renseignements : 01 44 13 17 17 (serveur vocal)
www.rmn.fr/galeriesnationalesdugrandpalais/
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A chacun son Empire, à chacun sa Bérénice
Mon salon est le théâtre d'échanges littéraires au sens propre comme au figuré. Mon petit cercle d'amis et moi nous offrons des livres à chaque occasion, la meilleure étant encore la simple envie de partager. Au gré de nos lectures ou de nos pérégrinations dans nos librairies de prédilection (chacun a la sienne, nous ne nous marchons pas dessus...), nous découvrons des auteurs et faisons partager nos goûts et nos dégoûts à notre entourage, sans prendre forcément le temps d'emballer dans un papier adéquat l'objet de nos futurs débats. Nous offrons mais ne sacralisons pas. Nous pensons les uns aux autres sans forcément compter, non pas en permanence, mais quand la sympathie intellectuelle nous y pousse. Nous pratiquons l'acte gratuit. Et tout le monde au sein de ce petit univers, au milieu de ces petits rituels qui nous sont propres, feint de croire qu'il s'agit là d'un acte généreux. Alors qu'il n'en est rien. En diffusant aux uns et aux autres nos propres lectures, nous ne partageons pas seulement nos centres d'intérêts, nous nous garantissons surtout des sujets de discussion communs lors de nos précieux rendez-vous gastronomiques. Acte égoïste, égocentré, qui nous maintient dans l'illusion rassurante d'évoluer dans un monde affectif et intellectuel connu, et de faire front commun face au mépris ambiant de la culture que nous vivons dans nos quotidiens respectifs.
Dans mon salon, donc, on entend volontiers parler du dernier Goncourt, du prochain Houellebecq-qu'-on-se-refuse-à-lire, de la dernière découverte que l'on impose à tout le monde comme LE nouveau chef d'oeuvre, de la prochaine bouteille de vin à ouvrir ou du délice que fut mon somptueux filet mignon aux petits légumes(autopromotion à peine déguisée...). Ceux qui sont pour la paix des ménages évitent de lancer un débat autour de l'oeuvre de Pennac, et ceux qui veulent revenir un jour n'abordent pas le "cas" Gavalda, ou pire encore Marc Levy. Pas plus que l'on se hasardera à soutenir que l'on a lu le Da Vinci Code "pour la culture". Il y a des plaisirs solitaires qui peuvent aisément le rester...
Les éclats de voix se suivent et ne se ressemblent pas plus qu'ils ne durent, dans notre petit cénacle, nous aimons trop l'exercice de style pour cela. Nous nous plaignons aussi beaucoup, lors de ces soirées là. De tout ce que l'on n'a pas lu, du temps qui nous manque fatalement, de celui que l'on perd et de celui que l'on ne trouve pas...
Nous avons quoi qu'il en soit de beaux jours de lecteurs -et d'amis- devant nous. Et derrière nous, parfois.
J'ai établi ce constat il y a peu de temps, le hasard me faisant redécouvrir Racine. Et pas n'importe quoi de Racine.
Bérénice.
Dire que j'en fus pétrifiée est encore un doux euphémisme. Ce n'est pas la pièce la plus connue ni la plus goûtée, je l'avais lue néanmoins, consciencieuse, alors que j'étais lycéenne. Et je dois admettre aujourd'hui que la virtuosité du style, et surtout la contemporanéité du propos en dépit de ce que peut laisser penser l'arrière-plan historique de la pièce, avaient dépassé mon entendement d'alors. Lire Racine est un plaisir d'initié, il est souvent lu trop tôt, trop vite ou trop mal. Racine a cela de supérieur à Corneille qu'il ne peint pas la nature humaine telle qu'elle devrait être, dans son imaginaire. Certes, je donne ici dans le raccourci. Il n'en demeure pas moins que Racine ne fait preuve d'aucune complaisance face à la nature humaine. Il nous touche parce qu'il nous perce à jour dans notre médiocrité, et nous met face à nos faiblesses de manière saisissante. Qui n'a pas été Bérénice, sacrifiée à l'autel de ce que Titus présente comme étant son devoir? Qui n'a pas été Titus, se cachant derrière ce même devoir pour justifier une décision qu'il sait lui-même être injustifiable? Qui n'a pas été balayé d'un revers de main? Qui n'a pas été lâche?
Dans la tragédie racinienne, le crime ne profite à personne. Titus revêt ses oripeaux d'Empereur pour quitter celle qu'il aime et se condamne à une solitude qu'il admet être pire que la mort même. Ce qui ne panse en rien les plaies de Bérénice.
Et Racine de nous asséner une difficile vérité: certains destins ne sont pas faits pour être heureux. Certains êtres ne toucheront jamais le bonheur. Il en va ainsi de la vie.
Titus, fils de Vespasien, vient de monter sur le trône. Depuis cinq ans il aime Bérénice, reine de Palestine, qui l'a suivi à Rome: il se dispose enfin à l'épouser. Mais le Sénat est hostile à cette union avec une reine étrangère. Titus décide de respecter la loi de Rome, et, après de douloureuses hésitations, doit se résoudre à en informer lui-même Bérénice. Dualité amour/devoir très cornélienne, mais traitée avec la tristesse majestueuse qui sied à Racine...
Acte IV sc.5 -extrait-
Bérénice
Eh bien ! régnez, cruel, contentez votre gloire :
Je ne dispute plus. J'attendais, pour vous croire,
Que cette même bouche, après mille serments
D'un amour qui devait unir tous nos moments,
Cette bouche, à mes yeux s'avouant infidèle,
M'ordonnât elle-même une absence éternelle.
Moi-même j'ai voulu vous entendre en ce lieu.
Je n'écoute plus rien, et pour jamais: adieu...
Pour jamais ! Ah, Seigneur! songez-vous en vous-même
Combien ce mot cruel est affreux quand on aime ?
Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?
Que le jour recommence et que le jour finisse,
Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice,
Sans que de tout le jour je puisse voir Titus ?
Mais quelle est mon erreur, et que de soins perdus !
L'ingrat, de mon départ consolé par avance,
Daignera-t-il compter les jours de mon absence ?
Ces jours si longs pour moi lui sembleront trop courts.
Titus
Je n'aurai pas, Madame, à compter tant de jours.
J'espère que bientôt la triste Renommée
Vous fera confesser que vous étiez aimée.
Vous verrez que Titus n'a pu, sans expirer...
Bérénice
Ah Seigneur! s'il est vrai, pourquoi nous séparer ?
Je ne vous parle point d'un heureux hyménée ;
Rome à ne plus vous voir m'a-t-elle condamnée ?
Pourquoi m'enviez-vous l'air que vous respirez ?
Titus
Hélas ! vous pouvez tout, Madame : demeurez,
Je n'y résiste point. Mais je sens ma faiblesse :
Il faudra vous combattre et vous craindre sans cesse,
Et sans cesse veiller à retenir mes pas,
Que vers vous à toute heure entraînent vos appas.
Que dis-je ? En ce moment mon cœur, hors de lui-même,
S'oublie, et se souvient seulement qu'il vous aime.
Bérénice
Eh bien, Seigneur, eh bien ! qu'en peut-il arriver ?
Voyez-vous les Romains prêts à se soulever ?
Titus
Et qui sait de quel oeil ils prendront cette injure ?
S'ils parlent, si les cris succèdent au murmure,
Faudra-t-il par le sang justifier mon choix ?
S'ils se taisent, Madame, et me vendent leurs lois,
A quoi m'exposez-vous ? Par quelle complaisance
Faudra-t-il quelque jour payer leur patience ?
Que n'oseront-ils point alors me demander ?
Maintiendrai-je des lois que je ne puis garder ?
Bérénice
Vous ne comptez pour rien les pleurs de Bérénice !
Titus
Je les compte pour rien ? Ah ciel ! quelle injustice !
Bérénice
Quoi ? pour d'injustes lois que vous pouvez changer,
En d'éternels chagrins vous-même vous plonger ?
Rome a ses droits, Seigneur : n'avez-vous pas les vôtres ?
Ses intérêts sont-ils plus sacrés que les nôtres ?
Dites, parlez.
Titus
Dites, parlez. Hélas ! que vous me déchirez !
Bérénice
Vous êtes empereur, Seigneur, et vous pleurez !
Isoler un extrait est un crève-coeur, même si celui que vous propose ci-dessus est plus qu'éloquent. Retrouvez le texte complet libre de droits à l'adresse suivante, et savourez la stupéfiante actualité du propos de Racine: http://fr.wikisource.org
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28.10.2007
Ileana Sonnabend
C''était en 1988, à l'occasion de l'exposition de la collection d'Ileana Sonnabend au CAPC de Bordeaux. Le Monde (du 3 août) relevait, à propos de ses dernières acquisitions : "Quant aux jeunes poulains (...), l'avenir dira s'ils sont vraiment plus qu'une passade à l'américaine (...). Si c'était le cas, alors Ileana Sonnabend aurait réussi ce qu'aucun marchand n'a réussi à faire : suivre et révéler des moments importants de la création à travers trois générations d'artistes." Le "jeune poulain" évoqué se nommait Jeff Koons, aujourd'hui un des artistes les plus cotés. Il résume la philosophie marchande d'Ileana Sonnabend, qui déclarait simplement : "Mon idée de galerie est de développer des artistes. Je les prends quand ils sont jeunes et bon marché, et je les rends célèbres et chers."
Ileana Schapiro, de son nom de jeune fille, était l'enfant d'un industriel juif roumain et d'une Autrichienne qui abandonna le foyer conjugal pour épouser un peintre. A peine âgée de 17 ans, Ileana rencontra Leo Castelli, qui devait devenir, lui aussi, un des plus grands marchands d'art contemporain du monde. Né en 1907, à Trieste, il travaillait en Roumanie pour une société d'assurances. Castelli parlait quatre langues, Sonnabend cinq...
Ce couple, prototype de la merveilleuse culture cosmopolite de l'Europe d'avant-guerre, fait en Roumanie la connaissance du Français René Drouin. Ensemble, ils décident d'ouvrir une galerie, à Paris, place Vendôme. Parmi les premières expositions, en 1939, une jeune artiste surréalisante, Leonor Fini.
La galerie Drouin sera une des plus importantes à exercer dans le Paris des années qui suivent la Libération. Mais les Castelli ont fui le nazisme aux Etats-Unis, où s'est également réfugié le père d'Ileana. Castelli reprend une activité de marchand, d'abord en appartement, puis en ouvrant sa propre galerie en 1957. Celle de sa femme ne débutera son existence qu'après leur divorce, en 1959. Ileana a rencontré Michael Sonnabend, qu'elle épouse et qu'elle accompagnera jusqu'à la mort de ce dernier, en 2001, à l'âge de 101 ans.
Ensemble, ils déménagent de New York à Paris, où elle ouvre une galerie en 1962, quai des Grands-Augustins, avec une exposition d'un presque inconnu, aujourd'hui probablement un des plus grands peintres vivants, Jasper Johns. Celui-ci avait été découvert par son ex-mari, Leo Castelli, avec lequel elle continue non seulement à entretenir des rapports cordiaux, mais dont elle sera la tête de pont en Europe.
Son rôle dans l'introduction sur le Vieux Continent de l'art contemporain américain s'est révélé primordial. Dans sa seconde galerie parisienne, rue Mazarine, elle montrera ainsi les artistes du pop art défendus à New York par Castelli, mais sera aussi la première à exposer de l'art minimal.
Supportant mal à la fois le contrôle des changes, qui rend le commerce difficile, mais aussi la vie parisienne sous le soleil de mai 1968, et lassée de s'entendre traiter de "suppôt de l'impérialisme américain" par les étudiants qui défilent devant sa vitrine, Ileana confie sa galerie à Antonio Homem, un jeune homme d'origine portugaise, qu'elle et son mari ont adopté (il dirige aujourd'hui les locaux de New York) et repart pour Manhattan. Elle ouvre une nouvelle galerie dans les beaux quartiers, sur Madison Avenue, avant de déménager pour la "zone". C'est-à-dire Soho. Aujourd'hui un endroit des plus courus, à l'époque un quartier sordide. En 1971, quatre galeristes (Ileana Sonnabend, Leo Castelli, Andre Emmerich et John Weber) décident de s'installer dans un ancien entrepôt de savon, situé au 420 West Broadway.
Leur exemple fait des émules. En 1994, à son apogée, juste avant que ne débute l'exode vers Chelsea, Soho comptait 270 galeries. Sonnabend inaugure le lieu avec "Underneath the Arches", une performance de deux jeunes Anglais, eux aussi devenus célèbres depuis, Gilbert & George.
C'est également là que sera exposée en 1991 la série la plus scandaleuse de Jeff Koons, "Made in Heaven", où l'artiste se met en scène dans des postures acrobatiques avec son épouse d'alors, Ilona Staller, dite La Cicciolina. Où que Vito Acconci passe deux semaines à se livrer à des plaisirs plus solitaires... Durant ses années d'activité, elle aura ainsi défendu l'Arte Povera, l'art conceptuel, et on en oublie.
En 2000, plus qu'octogénaire, Ileana Sonnabend étonnait encore son monde en déménageant à nouveau pour rejoindre le nouveau lieu branché de l'art contemporain new yorkais, Chelsea. "Croisement entre Bouddha et Machiavel", selon le magazine The New Yorker, elle est aussi un des seuls échecs de l'artiste Maurizio Cattelan. Il avait imaginé de grimer le marchand Stefano Basilico, un ancien assistant de Sonnabend, avec une panoplie figurant son ancienne patronne. Basilico refusa, trouvant la mission impossible. Il avait raison : on voit mal qui, parmi les galeristes d'aujourd'hui, a la stature suffisante pour enfiler le costume d'Ileana Sonnabend.
Le Monde, 28 octobre 2007
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Photographie: rétrospective Steichen
Le Jeu de paume consacre une vaste rétrospective à cet artiste, mort en 1973, qui connut gloire et fortune en couvrant tous les aspects de la photographie.
Steichen, une épopée photographique. Jeu de paume, 1, place de la Concorde, 75008. Tlj sauf lundi. Jusqu'au 30 décembre. Catalogue, 50 •. Rens. : 01 47 03 12 50.
Dans une interview filmée par la chaîne CBS en 1964 et intitulée This Is Edward Steichen, le personnage, âgé de 85 ans, barbe non taillée à la Tolstoï, apparaît, dans sa grande maison du Connecticut, Umpawaug Farm, avec toute son autorité de monument de la photographie. Le vieil homme, alors toujours en activité, a essayé tous les genres, et résume à lui seul tout un pan de l’histoire du médium.
La rétrospective du Jeu de paume est la première présentée en Europe depuis la mort de Steichen, en 1973. Du pictorialisme des débuts à l’exposition à teneur humaniste «Family of Man» de 1955 en passant par ses images de mode, ses portraits de célébrités, ses vues modernistes de New York, c’est donc toute une «épopée» qui se déploie. Une trajectoire d’une ampleur sans égale, mais dont les zigzags peuvent dérouter, comme ils déconcertèrent certains de ses contemporains.
Contorsions. Edward Steichen, considéré dans les années 30 comme «le photographe le mieux payé du monde», a suscité au long de sa vie beaucoup de controverses. Notamment quand il se mit à la photographie commerciale dans les années 20, alors que le pictorialisme et ses images vaporeuses et mélancoliques passaient de mode. En 1923, il est embauché par Condé Nast, patron de Vogue, Vanity Fair…
Sa réussite financière a de quoi faire des envieux. Un film muet de 1937 le montre au travail dans son studio new-yorkais. Photographe star, immortalisant les stars, Steichen salue la caméra en arrivant dans sa décapotable, cabotine un peu, donne un coup de pied dans un câble, avant d’exiger de son modèle toutes sortes de contorsions pour mettre en valeur le tombé de sa robe et l’envolée du voile. Commentaire en cartouche, comme les «et pendant ce temps-là» du muet : «Lui et ses assistants travaillent avec la précision d’une mitrailleuse.»
C’est l’expérience parisienne de Steichen, supposé connaître le luxe et la mode français, qui incita Condé Nast à l’embaucher. Né au Luxembourg, élevé à Milwaukee (Wisconsin), Edward Steichen découvre la France en 1900 et y vit de nombreuses années tout en faisant de fréquents séjours à New York. A ses débuts, il est un tenant du pictorialisme, ce mouvement qui entendait hisser la photographie au rang d’art, en se rapprochant de la peinture. Steichen, qui peint également, fait ses tirages lui-même et procède à de nombreuses manipulations. Ses célèbres scènes à la lumière de la lune – l’une d’elles, Moonlight: The Pond (1904), a été vendue près de 3 millions de dollars en 2006 – ont un velouté et une profondeur oniriques.
Steichen, technicien hors pair, expérimente sans arrêt. Ainsi ses photos nocturnes de la statue de Balzac par Rodin, qu’il fréquente en arrivant à Paris. Pour gagner sa vie, le photographe se lance dans le portrait. On peut voir le compositeur Richard Strauss sortir de l’ombre dans son objectif avec un sourire méphistophélique, ou le banquier le plus riche du monde, J. Pierpont Morgan (1903), aussi peu accommodant. Steichen est alors un proche du photographe Alfred Stieglitz, et participe à l’aventure de la légendaire revue Camera Work et de la galerie 291, qui fera connaître en Amérique l’avant-garde artistique européenne : Matisse, Picasso… Plus tard, il se fâche avec Stieglitz qui, comme d’autres «puristes», lui reproche son passage à la photographie utilitaire, celle des magazines. Mais Steichen est ailleurs. Il veut gagner de l’argent et, suivant les progrès de la reproduction des images, va contribuer à étendre la place de la photographie dans la société américaine.
Icônes. Devenu le photographe le mieux payé du monde, il mitraille les stars d’Hollywood, met en scène le luxe et la mode des années 30. Certains de ses portraits de l’époque sont un peu stéréotypés, d’autres vont accéder au statut d’icônes. Ainsi une Greta Garbo aux yeux noirs, ou Gloria Swanson prisonnière d’un voile de dentelle. Son statut lui vaudra, à 67 ans, d’être nommé directeur du département photo du musée d’Art moderne de New York. C’est à ce titre qu’il orchestre «The Family of Man», exposition itinérante rassemblant les œuvres de 273 artistes et qui entendait montrer, en pleine guerre froide, ce qui lie les hommes plutôt que ce qui les sépare. L’exposition sera vue par 9 millions de personnes dans le monde.
Dans Mythologies, Roland Barthes dénonçait l’académisme de l’entreprise. Qui reste néanmoins un incontournable chapitre de l’histoire de la photographie.
FRÉDÉRIQUE FANCHETTE Libération 26 octobre 2007
13:00 Publié dans Art, photographie, sortir à Paris | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
23.10.2007
Zaha Hadid

Le Design Museum de Londres est le premier musée britannique à consacrer une exposition monographique d'ampleur à la grande architecte irakienne, lauréate du Pritzker Prize de 2004, Zaha Hadid. L'intégralité des deux étages du musée sera occupée par les oeuvres principales de Hadid : l'architecture d'une part, présentée sous forme de clips vidéo, maquettes et compositions graphiques ; des pièces de design de l'autre, dont son 'Swarm Chandelier' de 2006 et les 'Sofa (Woosh) ' de 1985-86. L'occasion de découvrir des oeuvres majeures en cours d'exécution telles que le 'Performing Arts Centre' d'Abu Dhabi, la tour 'Opus' de Dubai ou encore 'Zaragoza Bridge'. Expo du 29/06/2007 au 25/11/2007
N'oublions pas au passage que Zaha Hadid est l'architecte du parking-terminus du Tramway à Hoenheim... Cliquez sur ce lien pour voir une photographie.
11:00 Publié dans Architecture, Art, pour mes étudiants architectes INSA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
L'Equerre d'Argent 2007 attribuée à Nathalie Franck, Yves Ballot et Bordeaux
Dépêche AFP
L'Equerre d'argent, le "prix Goncourt de l'architecture", a été attribuée lundi aux architectes bordelais Nathalie Franck et Yves Ballot et à la Communauté urbaine de Bordeaux, maître d'ouvrage, pour un groupe scolaire, a annoncé le Groupe Moniteur, organisateur du prix.
Le projet portait sur la restructuration et l'extension du groupe scolaire Nuyens de Bordeaux dans le quartier de la Bastide, sur la rive droite de la Garonne, que les architectes ont choisi d'édifier en verre et métal tout en maintenant la vieille pierre de Bordeaux pour la partie conservée.
Le prix de la Première oeuvre 2007 a été décerné à l'agence niçoise Comte et Vollenweider pour la Cité artisanale de Valbonne (Alpes-maritimes), dont le maître d'ouvrage est la mairie de Valbonne.
Une mention pour le prix Première oeuvre a été décernée aux architectes parisiens Grégoire Dumont et Olivier Legrand pour la construction d'un préau à Versailles, dont la maîtrise d'ouvrage est assurée par la mairie de Versailles.
L'Equerre d'Argent, créée en 1983 par le Groupe Moniteur pour promouvoir la création architecturale en France, récompense chaque année, à égalité, le maître d'ouvrage et les concepteurs, sans condition de nationalité, qui ont contribué à la construction d'un bâtiment devant être terminé dans l'année.
Le jury européen du prix a fait son choix parmi une sélection de dix-sept réalisations pour l'Equerre d'argent et de dix réalisations pour la Première oeuvre.
Parmi les réalisations en concurrence se trouvaient notamment l'Ecole Nationale d'Architecture de Paris Val-de-Seine, le musée Champollion de Figeac, le musée Fabre de Montpellier ou le Palais des sports de Toulouse.
Pour cette 25ème édition, la maîtrise d'ouvrage publique est toujours majoritaire mais la maîtrise d'ouvrage privée effectue une percée avec quatre réalisations, notent les responsables du prix.
10:50 Publié dans Architecture, Art, pour mes étudiants architectes INSA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.10.2007
Mise en ligne de photographies d'architecture
Sur ce site sera progressivement mis en ligne mon fonds personnel de photographies d'architecture, qui sert à nourrir mes cours dans l'enseignement supérieur. Ces photos sont libres de droit, non retouchées, de qualité variable bien que bonne dans l'ensemble, et disponibles au plaisir des yeux des amateurs en général, à l'usage des mes étudiants en particulier. J'autorise la copie, la retouche, l'usage pédagogique, et toute utilisation qui servira l'architecture sous toutes ses formes, fût-ce le simple attrait pour la chose bâtie.
Je suis ouverte à toute (bonne...) volonté de mutualisation des sources, aux critiques, commentaires et suggestions. Les albums sont encore en chantier, ce qui nécessite pour l'heure l'indulgence du spectateur. Toutes les photographies sont de l'auteur.
21:50 Publié dans Architecture, Art, photographie, pour mes étudiants architectes INSA | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.10.2007
Control, Anton Corbijn

J’écris cette critique en écoutant « Love Will Tear Us Appart » de Joy Division. Je vous conseille de la lire en faisant de même. (Disponible sur ce lien : http://www.myspace.com/controlfilm). Je ne ferai en revanche aucune prescription sur ce qu’il faut consommer à l’écoute de Joy Division...
A la fin des années 70, alors que la Cold Wave connaît ses premiers frémissements dans les quartiers très populaires d’une Angleterre post-punk, nourrie de Bowie et des Sex Pistols, certains esprits indépendants, qui ont pris le parti de vivre leur vie plutôt que de la rêver, plaquent une existence sans autre perspective que la répétition continue d’un quotidien asphyxiant, et font le pari de vivre selon des aspirations qui les dépassent, et dont le contrôle leur échappe parfois. Il en a été ainsi pour Ian Curtis, leader du groupe Joy Division, ayant su malgré lui inventer le son d’une époque. Un son cru, sombre et tourmenté, laissant place à une basse omniprésente soutenant la transe d’une mélodie entêtante, hypnotique et dépressive. Un son porté par des paroles arrachées aux névroses et obsessions d’un auteur brillant, à la créativité aussi fulgurante que sa vie, en prise avec sa réalité, qui était celle de toute une génération, et devint un creuset inépuisable pour les suivantes.
Il en a été ainsi, certainement aussi, pour Anton Corbijn, quittant sa Hollande natale pour s’installer en Angleterre et suivre le groupe dans sa genèse qui fut aussi son apogée.
Control pourrait donc être le film d’un fan. Mais c’est compter sans le sens esthétique très pointu du réalisateur, photographe et clipper des plus grands groupes de Rock et de New Wave actuels. Corbijn a su saisir un destin, sans tomber dans l’écueil vulgaire et larmoyant du portrait d’icône. Ian Curtis est montré comme un homme avant d’être un génie, perdu entre deux histoires d’amour, une créativité qui le dépasse et le dévore, et surtout une grande faiblesse. Celle de n’avoir pas fait de choix. De s’être laissé happer par cette force qui le portait et le transfigurait quand il jouait sa musique.
Corbijn filme une page d’histoire qui se cristallise en la personne de Curtis, ses doutes et ses atermoiements, ainsi que sa disparition brutale, dans un noir et blanc lumineux et expressionniste. Chaque plan y est pensé comme une image en mouvement ; le langage cinématographique est exploité dans ce qu’il propose de temps morts et d’ellipses qui renforcent une narration nucléaire et dense. Rien n’est superflu dans le cinéma de Corbijn, qui signe ici son premier opus. Il nous offre un film en déséquilibre permanent, à l’image d’un Ian Curtis toujours ambivalent, un film sans sensibilisme, fidèle et habité, que la quinzaine des réalisateurs à Cannes a d’ailleurs salué d’une caméra d’or.
Je connaissais Corbijn photographe (et j’étais une addict), m’étant intéressée à la puissance évocatrice de certains de ses clichés (de Depeche mode notamment, dont je suis plus encore addict…), je le retrouve réalisateur et fidèle à ses partis pris esthétiques, à sa maîtrise parfaite de sa propre créativité. Il y a indéniablement une patte Corbijn.
En focalisant sur la courte histoire de Joy Division, par le prisme déformant de la vie syncopée de Ian Curtis, Corbijn filme le point d’ancrage d’un son -omniprésent dans le film-, et d’une autre manière de concevoir la musique, dont les groupes de New Wave n’ont jamais cessé de se revendiquer. Plus largement encore, il pose en filigrane la question des affres de la création dans ce qu’elle a de marginalisant et de névrotique, dans ce qu’elle isole du monde et de soi-même, imposant une schizophrénie artistique au créateur, vacillant sur le fil ténu séparant normalité et génie quasi autistique.
En sous impression, la question ontologique et oppressante du choix, celui que l’on fait aussi bien que celui qui nous échappe. Le génie est-il destiné à être fulgurant, puis à ne plus être ? Vaut-il mieux vivre intensément et mourir jeune d’avoir trop vécu, ou se contraindre à subir un quotidien dénué de tout intérêt émotionnel, pour mourir vieux de toute une vie d’ennui…
Certains sont maîtres de ce choix, d’autres victimes de n’avoir pas su le faire, d’autres enfin, emportés par un tempérament qui décide pour eux…
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16.10.2007
Le crépuscule de mon idole

Qui a lu Nietzsche saura à quel point mon détournement est malhabile…
Hier soir, j’ai trouvé la cathédrale de Strasbourg étrangement belle. La place Kléber aussi, bien que sinistrée. D’ordinaire frileuse, j’ai fait quelques pas, veste ouverte le long du tram, dont le bruit m’a semblé se fondre dans l’air harmonieusement. Mon sac était trop lourd, ordinateur oblige, mais je ne le sentais plus couper mon épaule. Je tenais dans ma main un petit livre noir acheté quelques minutes auparavant, je caressais sa couverture. J’étais bien. J’étais seule, mais habitée. Je souriais bêtement à mes étudiants architectes, qui sortaient du même endroit que moi. Plus tôt dans l’après-midi, ils étaient dans un amphi qui sentait le neuf, et moi sur une estrade que j’ai encore du mal à occuper. J’avais leur âge un instant...
Je ne suis qu’une groupie…
Hier soir, vers 18h30, j’ai rencontré un petit vieux de 84 ans, qui m’a donné des leçons d’humanité, de force de conviction, et de vitalité. « L’architecte doit exposer ses choix. C’est par le choix qu’il agit. » Première sentence de Claude Parent. A son image : définitive. Claude Parent, tout le monde ne l’aime pas. C’est un passionné dans le sens violent du terme : il assène des vérités, défend ses convictions en faisant fi de toute courtoisie élémentaire, prône volontiers une certaine forme de violence dans les rapports humains, et est régulièrement soupçonné d’avoir un ego hypertrophié (et alors, n’en a-t-il pas les moyens.. ?).
Mais ce n’est pas l’homme que j’ai rencontré hier soir. Tout du moins ce n’est pas ce que j’ai voulu voir de lui.
J’ai fait la rencontre d’un vrai individu, dont l’incarnation est si forte qu’il faut lutter lorsque l’on est dans la même pièce que lui. Ou capituler. Mais il n’aime pas que l’on capitule. Et l’on n’aime pas le contredire. Du haut de son expérience, fort de la reconnaissance qu’on lui témoigne, il pourrait laisser après lui le déluge, mais au crépuscule de sa vie, ce n’est toujours pas à lui qu’il pense. Je l’ai vu soucieux de transmettre son savoir, et surtout ses convictions. Défendre contre vents et marées le statut d’architecte comme métier d’art, et non de prestataire de service. « Se battre », « se débattre », telle était la substance de son champ lexical. On sentait la lutte sourdre en lui. On se sentait minable…
Personnalité complexe mais réjouie. Réjouissante. A moins que ce ne soit moi qui sois d’un optimisme délirant en ce moment, ce qui n’est pas impossible. Il n’empêche. J’étais sous le charme. Je souriais, ce qui n’est pas fréquent. C’est précieux un sourire, il ne faudrait pas l’offrir à n’importe qui.
Bien sur, Claude Parent a nourri son auditoire de ses convictions architecturales, son amitié pour Klein, Tinguely, son serment d’allégeance à l’oblique : « l’oblique est coléreuse, violente. Là où il n’y a pas de passion, il n’y a pas d’architecture possible. Je prône la violence destinée à accroître les possibles ! » Mais ce n’est pas, toute historienne de l’architecture que je suis, ce que je veux retenir de lui. Je veux retenir cette force qui émanait de ce corps que l’on sent échapper au temps. Cette capacité d’indignation intacte, qui semble avoir méconnu la moindre envie de capitulation face aux difficultés. Cet amour du métier, cette admiration un peu narcissique du seul processus de création, cette gouaille, cette envie de vivre par delà même la vie. Cette vie, sa vie, qui sera inscrite dans la pierre.
J’ai acheté le livre qu’il était venu promouvoir, un recueil de ses textes réunis par Pascale Blin. Je me suis présentée devant lui, l’ai regardé dans les yeux. Il m’a rendu ce regard, et j’aurais à ce moment-là voulu partager tout ce qu’il avait vu, pénétrer la fulgurance de son esprit un seul instant. Parce que moi je ne crée rien, j’enseigne seulement les miracles des autres… J’ai balbutié trois mots spirituels : « Je m’appelle Audrey, merci. » Il a épelé mon nom qui tout à coup a eu un sens à mes yeux. Sa dédicace, vous l’avez sous les vôtres : « Pour Audrey. Il faut croire et choisir. » Croire et choisir. Ca, c’est l’histoire de ma vie. Je persiste à croire en mes rêves contre toute évidence, et je choisis d’exercer une profession qui ne souffre que mépris de ceux qui, contextuellement, se sentent détenir un quelconque pouvoir. Du vent, la plupart du temps.
Peu importe. La force de conviction et les choix sans concession ont donné raison à Claude Parent, lui donneront aussi raison dans sa postérité, probablement. Mais ce dont j’ai l’assurance, après l’avoir rencontré, c’est qu’il aurait fait les mêmes choix, et les aurait défendu de la même manière s’il avait eu la certitude que ça ne le menait à rien. Question d’orgueil ? Oui, certainement. D’honnêteté intellectuelle ? Plus encore à mon avis…
Hier soir, Claude Parent avait 84 ans. Demain, il aura disparu. Entre temps, je n’aurai plus l’occasion de le revoir. Alors j’ai envie de dire merci. Et de cesser de dire quoi que ce soit d’autre…
Claude Parent, Colères et passions, Editions du Moniteur
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14.10.2007
Exposition Galerie Quedar

l'association du corbeau
présente
Louis DANICHER
Odor di femmina / hommage à g.c.
Un parcours érotique
Du 17 octobre au 1er novembre 2007
Des yeux pour voir, des yeux pour caresser, des yeux pour boire jusqu’à plus soif, des yeux d’amour, captifs, épris, des yeux agenouillés devant la beauté des choses. Des yeux perplexes en même temps et comme embarrassés devant cette folie des femmes dont le cœur palpitant s’est déplacé en un instant entre les jambes. Car comment comprendre le délire des amantes que le flot du plaisir emporte Dieu sait où ? Comment interpréter leurs cris de joie qui semblent de douleur, et cette houle qui les prend, et ce ravissement de leur être, et cette fureur et cette douceur terrible de leur sexe ?
Extrait de « Le vif du vivant » de Lydie Salvayre
Galerie QUEDAR
6 Quai des Bateliers - 67000 Strasbourg
www.galeriequedar.org / 09 53 07 66 01
du mardi au vendredi de 14h à 19 h, le samedi de 13h à 19h
23:10 Publié dans Art, sortir à Strasbourg | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

